Pour étudier les différentes manières dont nous mangeons, en particulier en ce qui concerne l’ingestion d’aliments, divers domaines de recherche et d’étude s’appuient sur l’évaluation des comportements alimentaires à l’aide de questionnaires conçus pour mesurer ces conduites. Pour formuler un questionnaire comme outil validé en recherche, on élabore des concepts et des cadres théoriques afin de nommer les modes de consommation ou, plus précisément, les comportements qui répondent à certaines conditions.
Dans ce processus, des définitions sont établies pour des concepts relatifs aux modes de consommation, afin de conceptualiser un comportement. Ainsi apparaît la définition de la « faim hédonique », qui désigne le désir de consommer des aliments par plaisir, en l’absence de déficit énergétique. Autrement dit, il s’agit d’une « faim » qui ne découle pas du besoin de calories, mais qui répond à une base de plaisir. Ce concept articule les besoins biologiques du corps pour maintenir l’homéostasie avec des mécanismes psychologiques et neurologiques, comme le concept de plaisir. Et dans chacun de ces concepts, il existe des difficultés à définir précisément les mécanismes impliqués.
Par exemple, le besoin de manger en raison d’un déficit calorique est un mécanisme pour maintenir le corps en vie, mais une fois cette faim satisfaite, des mécanismes de plaisir peuvent également s’activer dans le cerveau. D’un autre côté, la faim dite hédonique, c’est-à-dire la faim qui ne résulte pas d’une privation alimentaire, ne génère pas toujours une sensation de plaisir et peut être une faim issue d’autres processus, comme le traitement des émotions pouvant conduire à l’anxiété. Dans un état anxieux, on peut ressentir toutes sortes de sensations, mais l’hédonisme n’est pas nécessairement une caractéristique de ces états. Par conséquent, ces concepts sont utiles dans la mesure où ils tentent de mesurer et de conceptualiser certains comportements.
Il est très difficile d’encadrer tous les processus de stimuli et de variables auxquels nous répondons par l’ingestion d’aliments dans des cadres conceptuels qui peuvent s’avérer rigides par rapport aux exemples de la vie réelle. La faim hédonique, dans le langage courant pour beaucoup, est le besoin de grignoter, de « gusguear » (comme on l’appelle dans certaines régions du Mexique), de prendre un apéritif, etc. Beaucoup de ces prises alimentaires sont modulées par une occasion qui répond à un contexte social spécifique ou à des événements où le besoin de manger ne provient pas directement d’un déficit calorique.
Dans le contexte obésogène des sociétés contemporaines, certains courants qui étudient la faim hédonique la considèrent comme un facteur pouvant entraîner une prise de poids. Mais isoler une variable de cette manière ne fait qu’ignorer la complexité du sujet. Justement à cause du contexte, la consommation de certains aliments est modérée à certains moments et encouragée à d’autres. Isoler le concept de faim à une question de déficit calorique est une tentative de simplifier tous les mécanismes et variables qui interviennent non seulement dans l’ingestion d’aliments, mais aussi dans leur sélection et leur quantité.
Les prises alimentaires d’une journée ne répondent pas nécessairement à une sensation de faim « biologique », et cela n’est pas forcément incorrect. Les rythmes de vie, les horaires de travail, déterminent aussi nos heures de repas et, à leur tour, notre corps s’habitue à ces horaires. Réduire l’acte alimentaire à une ingestion énergétique revient à ignorer de façon indiscriminée la multiplicité des facteurs qui interviennent dans le processus.
— Cet article a été publié à l'origine en espagnol par Liliana Martínez Lomelí. Traduction générée par IA à partir du texte original.
