Écrire sur la nourriture dépasse la simple description des plats ; cela implique une réflexion sur notre relation à l’environnement, aux normes sociales et à l’identité. Ce faisant, nous assumons une responsabilité qui va au-delà du plaisir personnel et participons à la construction des significations culturelles.

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Écrire sur la nourriture

3 min de lecture
Opinión - Liliana Martínez Lomelí - El Economista

La communication écrite pour exprimer notre relation à la nourriture existe depuis l’Antiquité. En Mésopotamie ou dans la Grèce antique, la parole écrite consacrée à ce qui était consommé occupait les écrits de certaines personnes qui appréciaient le plaisir de manger ou de découvrir des plats venus d’autres horizons. Cependant, le fait d’écrire sur la nourriture évolue selon les époques et les façons dont on visualise l’acte de manger et la relation que les êtres humains entretiennent avec la nourriture. Ainsi, l’expression écrite sur la nourriture dépasse les descriptions de plats, d’ingrédients ou de cuisines : elle parle aussi de notre relation à l’environnement et des événements socio-historiques importants qui formatent la manière de penser la nourriture et donc de communiquer la pensée.

L’écriture sur la nourriture dans la Grèce antique, par exemple, avait un caractère hygiéniste, car l’approche de la nourriture était généralement fondée sur la relation entre ce qui était consommé et les effets que cela pouvait avoir sur le corps ou l’esprit. S’obséder sur la nourriture était considéré comme un acte banal, et parler de nourriture sur un ton épicurien était vu comme quelque chose de superflu.

Si l’on pouvait parler d’un « genre » de communication écrite sur la nourriture, on constaterait qu’il existe en réalité de nombreuses façons d’aborder ce que nous mangeons depuis les temps anciens. Parfois, par exemple, à travers des chroniques qui ont ensuite servi de sources historiographiques, comme celles écrites par Fray Bernardino de Sahagún pour expliquer et témoigner de ce qui était consommé lors des banquets de l’empereur Moctezuma. Nous savons peu si le frère était conscient de la mesure dans laquelle décrire la façon dont les plats étaient présentés répondait simplement à sa surprise sur un ton de choc culturel, ou s’il était véritablement conscient de ce que cela impliquait en tant que document historique.

De la même manière, en France, avec l’apparition des restaurants et l’élévation de la gastronomie au rang de discipline, Jean Anthelme Brillat Savarin, qui pouvait être considéré comme un bon vivant à son époque, a laissé un témoignage écrit non seulement de ce qui était consommé, mais aussi de tout un protocole social, des usages et coutumes, des croyances et perceptions générées autour de la table dans une société et une époque données. Au XXe siècle, l’accès des foyers à différentes technologies ainsi que la massification des médias ont contribué, d’une certaine manière, à ce que l’écriture sur la nourriture englobe d’autres genres au-delà des usages et coutumes, mettant l’accent sur la manière de décrire les plats et les expériences aux lecteurs afin qu’ils puissent au moins recréer mentalement les expériences des critiques gastronomiques. L’écriture sur la nourriture au début du XXe siècle comprenait également des conseils culinaires accompagnés d’enseignements sur les rôles de genre à travers la façon dont on « instruisait » sur la cuisine.

L’écriture sur la nourriture est donc un genre très vaste qui va bien au-delà de l’utilisation d’adjectifs synonymes pour décrire la succulence d’un plat : elle parle aussi de notre relation à l’environnement, de ses principales problématiques et imprègne à son tour des idéologies sur l’identité, les usages et les normes sociales. Écrire sur la nourriture comporte ainsi une responsabilité intrinsèque qui dépasse le simple plaisir.

— Cet article a été publié à l'origine en espagnol par Liliana Martínez Lomelí. Traduction générée par IA à partir du texte original.

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