La neutralité corporelle vise à accepter tous les corps tout en favorisant le bien-être par le soin physique. Ce n’est pas un état définitif, mais un processus continu de prise de conscience et d’équilibre face aux influences extérieures sur notre corps.

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La neutralité corporelle

3 min de lecture
Opinión - Liliana Martínez Lomelí - El Economista

Le mouvement de neutralité corporelle apparaît presque comme une contrepartie du mouvement de positivité corporelle (body positivity)—qui n’a rien à voir avec le positivisme philosophique—, tous deux représentant un continuum de la relation au corps, surtout en référence à la forme et aux dimensions plutôt qu’à ses fonctions.

En partie, le mouvement de positivité corporelle est né en réaction au processus intense de stigmatisation des corps grands observé ces dernières années. Les taux élevés de surpoids et d’obésité et leurs conséquences sur la santé sont devenus des étendards pour justifier non seulement la grossophobie, mais aussi des processus de stigmatisation sociale par lesquels les personnes en surpoids ou obèses sont exclues de divers domaines de la vie sociale. La stigmatisation est le processus par lequel on leur attribue des caractéristiques négatives sans lien avec le volume corporel, telles que le manque de caractère, de discipline, la faiblesse ou le manque de volonté. Face à ce phénomène important dans la société, le mouvement de positivité corporelle cherche à accepter les corps sous toutes leurs formes, sans se conformer aux standards communs de beauté ni aux idéaux inatteignables sur l’apparence qu’un corps « doit » avoir. Comme pour de nombreux mouvements sociaux, le radicalisme dans le body positivity s’est manifesté, certains allant jusqu’à considérer que la positivité impliquait de nuire à sa propre santé ou même de discriminer les corps plus normatifs, c’est-à-dire ceux qui se rapprochent de la norme « socialement acceptée ».

Face à ce radicalisme, le mouvement de « neutralité corporelle » est apparu, qui, tout en cherchant l’acceptation des corps, promeut aussi le bien-être corporel à travers les soins apportés au corps, incluant l’alimentation, le repos et l’activité physique. Il s’agit d’accepter les corps sous différentes formes, mais en prenant soin d’eux. En théorie, il est presque naturel que ce mouvement soit né en réponse à la positivité corporelle, afin d’éviter que la balance ne penche vers un point tout aussi ou plus stigmatisant pour les corps normatifs.

La « neutralité corporelle » reste cependant davantage une ambition idéologique qu’un véritable sens pratique de la relation au corps. Notre relation au corps est construite de manière complexe, où interviennent des facteurs psychologiques, sociaux, anthropologiques et physiologiques pour déterminer notre rapport à lui. Il est curieux de traiter notre corps comme un être à part, alors que finalement notre être ne fait qu’un avec le corps. Ainsi, une « neutralité » corporelle, un juste milieu concernant les idées que nous avons sur notre corps, constitue une utopie plus qu’une pratique. Ce qui peut être atteint, c’est de travailler sur notre corps et notre esprit pour établir une relation plus satisfaisante avec la manière dont nous nous sentons en habitant notre corps, non seulement pour l’esthétique, la taille ou l’apparence, mais aussi pour la sensation et la réaction face aux différents stimuli de la vie quotidienne. Cette relation ne s’obtient paradoxalement que par la prise de conscience des sensations liées à l’habitation de notre corps. La neutralité n’est donc pas un état zen ou une maturité à atteindre, mais un travail continu pour placer à leur juste place les influences, idées et mots sur notre corps que nous recevons constamment de l’environnement.

— Cet article a été publié à l'origine en espagnol par Liliana Martínez Lomelí. Traduction générée par IA à partir du texte original.

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